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travail de terrain

Samedi 5 avril 2008

Bon, je crois qu'il est temps de raconter 2-3 trucs sur la forêt alaskienne.

Il s'agit essentiellement de forêt boréale. Les principales essences sont l'Épicéa noir (Black spruce), l'Épicéa blanc (White Spruce), le Bouleau (Birch), le Peuplier (Aspen), qq Saules (Willow) et des Mélèzes de tps en tps (Larch - Tamarack). Le taux de boisement est impressionant, pas besoin d'aller loin de la ville pour voir des paysages entièrement forestiers, avec une mosaïque de couleur :

 marron, noir, diverses nuances de vert, rouge, et blanc... Immense




















A partir du centre de l'Alaska, le sol peut contenir du permafrost. Ce sol gelé empêche les racines de s'insérer profondément et reste froid (étonnant :-) ). En même temps, ce sol maintient l'eau proche de la surface, ce qui n'est pas négligeable ici, vu que le climat est assez sec (environ 500 mm de pluie par an). Plus on va au nord, plus on est dans de la toundra, végétation basse, voire rase, idéale pour les caribous.

Bref, sur ces stations à permafrost se trouvent le plus souvent des épicéas noirs. Les arbres poussent très peu, on a vu des arbres de plus de 100 ans faisant seulement 10 cm de diamètre... Ces peuplements ne sont donc pas exploités (de toute façon, il y a rien à exploiter)... A la limite ça pourrait servir pour faire du papier, mais il n'y a pas d'industrie papetière en Alaska...

Sur les meilleures stations (celles avec une bonne épaisseur de limon, proches d'une rivière) sont les peuplements exploités. Ils sont tjrs constitués de white spruce et bouleau, et seuls les épicéas sont récoltés. Les plus beaux arbres vus étaient dans une forêt naturelle, ie jms exploitée auparavant. Des arbres droits de 90 cm de circonférence pour 25 m de haut... De superbes arbres ! Toutes les récoltes sont mécanisées, avec à peu près les mêmes machines qu'en France (sauf que l'abatteuse ne billone pas les bois, les arbres abattus sont trainés par des skidders sur une place de dépôt et billonés avant d'être chargés sur des camions).

le chargement des bois



Bref, la forêt ici n'a pas une énorme diversité spécifique, mais c normal. Et ici les feux sont vraiment un processus fondamental de la dynamique forestière : ils ouvrent les peuplements, permettant ainsi une régénération naturelle avec la succession d'espèces pionières jusqu'au peuplement "final" d'épicéas et bouleaux.

En tout cas, s'il n'y a pas une grande diversité floristique, ça se rattrape sur la faune ! Des chouettes lapones, des faucons, des pics de toutes les couleurs, des lynx, loups, élans, caribous, moutons, perdrix, lièvres, ...

Promis, ce WE j'essaye de vous mettre des vidéos sur le blog ! (notament la chouette lapone et l'élan !)

Par Laure
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Mardi 8 avril 2008

J'ai pas mal de retard pour écrire des articles... Là, j'ai une petite hausse de ma motivation, donc voici 2-3 trucs sur les deux dernières semaines.

Nos missions en forêt étaient de 2 types : repérage des limites d'une coupe (peinture et GPS) et inventaire (seulement inventaire en plein pour l'instant).


Et quand il fait froid, équipement de choc (bunny boots et salopette doudoune prêtées par Kathy)



Au fait, voici une vue de l'intérieur de la cabine, avec le canap' et...la poubelle.
D'ailleurs, on a eu la surprise de retrouver des sacs poubelle de la ville de Nancy !! vous savez, ceux pour le recyclage !
























Peinture : bombardage à 2m de haut de peinture bleue à base de plomb au moins tous les 7m sur les arbres en bordure de parcelle. A chaque coin de parcelle, j'aggrafe un feuille d'alu avec le nom de la parcelle sur un arbre, arbre qui reçoit 3 points de peinture. A la fin, on est tout bleu. Pour ça, on a de vieux vêtements qui craignent rien :



la classe...
















Pour accéder à certaines parcelles, il faut traverser des rivières gelées, marcher ou encore prendre la moto neige ! Génial comme engin, mais qu'est-ce que ça pollue ! entre le bruit et l'essence...





Sur la photo, Gary et moi essayant de faire démarrer la moto... qui en fait était éteinte... (clé tournée)... Après avoir changé la bougie, c'est Dave qui s'est rendu compte du problème...


GPS : parcours des limites avec un super GPS Trimble new age, sans 50 batteries de 3kg chacune, la nouvelle batterie litium dure environ 8-10h... Petite info : coute environ 10 000 $.

Inventaire : inventaire en plein d'une parcelle de 7.2 acres (environ 2 ha), avec comptage du nombre d'arbres au dessus de 9 pousses de diamètre et mesure d'un arbre tous les 10 arbres (hauteur et diamètre). Le choix de l'arbre à mesurer se fait en considérant la parcelle comme x séries de 10 arbres. Pour chaque série, on a un numéro et ce numéro est celui de l'arbre à mesurer. Ce numéro est choisi au hasard par excel je crois (qqch comme la fonction rand) et recopié sur le carnet de terrain. Bref, en tout, il y avait 658 arbres... Ça nous a pris 2 jours vu que la parcelle était à 1h30 de route du bureau. Et ça nous a permis de voir la chouette et l'élan !

Par Laure
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Mardi 22 avril 2008

Mission : inventorier une parcelle de 62.2 acres (soit environ 25 ha)

Contexte : forêt mélangée d'Epicéa blanc et de bouleau, vieille parcelle
                à 1h30-2h de route de Fairbanks avec la neige et la remorque avec motoneige


Méthode d'échantillonage : 1 placette tous les 150 feet, environ 50 m.
                                       mesure au relascope (facteur 2)de 2 placettes sur 3, puis mesure du diamètre et de la hauteur des arbres rentrant dans le relascope sur la 3eme placette
                                       mesure des épicéas blancs au-dessus de 9 inches de diamètre

Voilà, ce qui revient à peu près à tout inventorier (on a fait en moyenne 5 points par hectare)... Souvent, les arbres entrant dans le relascope étaient ceux qui étaient en limite de la placette précédente... C'est pour ça qu'on a pris autant de temps. Surtout que pour mesurer les hauteurs, faut se reculer de 66 feet de l'arbre, et les mesures de diamètre se font avec un ruban (plus précis, mais plus long et chiant pour les gros bois).

Les mesures sous la neige, même pas peur !
























En tout cas un cadre super agréable, avec des élans, et des bucherons sympas pas très loin pour nous sauver quand la batterie de la voiture est morte à cause des phares laissés allumés pendant un jour...

On a pu voir la même région sous des lumières différentes, sous la neige ou non, avec un ciel bleu ou blanc... Et en plus le trajet de 15-20 min en moto-neige ne gâchait rien !

 
















couché de soleil (environ 20h45)





















 








Au loin, les montagnes du Parc du Denali
Par Laure
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Samedi 3 mai 2008


         Après une semaine entière passée sur la programmation Excel, Access, le tout couplé avec du ArcGIS et un autre système de gps (Garmin), on a bien mérité du "repos" (ou plutôt du terrain !).

Donc nous partons, ce dimanche, vers Anchorage, avec John Alden (biologiste brillant du DNR, un petit vieux sympa bien que radoteur...) pour un voyage de 7 jours.

Mission : mesurer un petit peu plus de 7 petits milliers de jeunes arbres (de qq cm à 2m). Mesure arbre par arbre du diamètre à 15 cm du sol, à 50 cm et à 1m30 si possible. On va en passer du temps au même endroit dans les epicéas de Sitka...

         Enfin, nous allons faire ces mesures dans la péninsule de Kenai (Sud d'Anchorage) où les ours commencent à se réveiller (et à attaquer les fermiers). Notre objectif : voir un ours brun (grizzli = très méchant) et plusieurs ours noirs (plutôt peureux et gentils).
      Le seul pb est qu'il y a bcp de neige... Enfin rassurez-vous, on ne sera peut-être pas obligés de camper tous les jours, notre ami chercheur ayant des contacts partout qui peuvent nous fournir un "coin sac de couchage". Il reste cependant la possibilité de passer une à deux nuit dehors suivant notre vitesse d'avancement. On bossera surement le WE prochain (sachant qu'on commence dès ce dimanche).

           Et oui, ici pas de premier mai férié, ni le 8 mai, ni la pentecôte, ni les ponts, ni les IA : on BOSSE ! Ça c'est sûr, les jours fériés sont pas très nombreux ici. En tout dans l'année, il y en a 11. Depuis mars, on en a eu 1 (le jour de Seward, gars qui permit l'entrée de l'Alaska dans les USA)... En tout, on en aura 3

         Et en France, entre mars et août ? Pâques, 1er mai, 8 mai, pentecôte (pas de chance, l'ascension tombe le 8 mai...), le 14 juillet. Boh vous me direz, ça fait pas bcp plus ! En effet, mais à ça vous rajoutez les ponts... ah ouais, tout de suite c'est plus intéressant !

Profitez-en bien, et ayez une petite pensée pour nous, pour que les ours ne nous trouvent pas appétissants (on a tous les 2 une bombe anti ours, et au pire des cas, on cours plus vite que John.. ;-p ).

Bon, donc pas de nouvelles pour un moment (mais vous êtes habitué, non ?) ! A plus tard !

                  Et je serai ravie de pouvoir lire plein de commentaires à mon retour ;-) !



Petit Quizz : c'est une patte de quoi ?
(Et, pour P4, Coni et Tit'Claire: nom latin + nom tchèque + âge + nombre de dent au repos ?)
Par Laure
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Mercredi 14 mai 2008

              Après une semaine intensive de terrain, nous voici de retour à Fairbanks !

Je vous donne une brève description de la semaine, je mettrai les photos plus tard.

En gros, j'avais pas tout compris avant de partir, mais on a mesuré des larix et des pinus, pour estimer, selon la provenance des plants, leur taux de croissance dans la péninsule de Kenai. Cela servira à déterminer la meilleure provenance pour produire du bois d'oeuvre et du bois énergie pour la région.

               C'était de beaux petits arbres, le plus souvent. Et parfois, les élans et les lièvres étaient de notre avis vu le degré d'abroutissement de certains plants. Wow, un élan s'est acharné sur un pauvre pin sylvestre de 2m ! plus d'écorce, plus de tête, ratiboisé à 50 cm... Pas envie d'être à la place du pin !

              Au niveau du climat, on a pas eu un temps trop pourri. Souvent des averses, un ciel couvert, mais il faisait pas trop froid (selon un point de vue Alaskien) . En plus on a "campé" dans un bureau avec douche/cuisine/chauffage. Et cadeau bonus ! 2 jours de beau temps, dont un samedi radieux ! On a fini nos mesures le samedi midi, et puis on est allé visité Homer, port du sud de la péninsule, oú il y avait un festival des oiseaux de baie (genre mouette, cygne, oies, canards...). Très sympa !

            D'abord, visite de la "banlieue" d'Homer, avec vue sur la baie de Kachemak entourée de montagnes eneigées. Puis, visite du Wildlife Center avec projection d'un film sur les îles Aléoutiennes, un petit musée et un parcours "faune sauvage" à l'extérieur. rencontre avec des professionels des oiseaux, et observation d'oiseaux et d'un élan à deux pas de la route !
          Enfin, pour finir la journée, resto italien (!) à Homer. Hyper bondé, on a attendu 1h, puis j'ai commandé un truc avec de l'huile d'olive et... grosse déception... Pas du tout un goût d'olive... Dégoutée. Ça avait la couleur de l'huile d'olive, la consistance, et un goût d'huile de tournesol à l'ail. Bande de tricheurs. où alors elle était produite en Alaska... Enfin, heureusement un petit verre de Riesling allemand a aidé à tout faire passer !
          Je vous vois venir : pourquoi ne pas gouter les vins américains ? Ben parce que sur la carte des vins, pas un seul rouge de France, et le seul vin dit de France s'appellait : "Fat Bastard". Rien que pour ça, j'ai pas choisi un vin américain, na ! Et puis en plus, vu le prix, tu as intérêt de bien choisir ton vin, alors autant prendre une valeur sûre ;-) !

          Enfin, de retour lundi soir à Fairbanks où le printemps est enfin là ! les bouleaux retrouvent leurs feuilles, il n'y a plus de vieille neige dégueu au bord des routes, et le ciel est (+/-) bleu !
          Et avec le printemps, qu'est-ce qui arrive ??? Les touristes bien sûr ! par bus entiers, ils viennent "visiter l'Alaska" en 7 à 10 jours.

Par Laure
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Vendredi 16 mai 2008
     Voici quelques photos des mesures faites à Anchorage le 5 mai. Mesures hauteur et Dbh de mélèzes de 2 ans, dans la neige. ça pousse vite, ces p'tits arbres-là ! mais pas tout le temps, et dans la neige, c'est pas évident !

  "J'adore mesurer des arbres !"


Jhon Alden, le seul chercheur en reforestation de l'intérieur d'Alaska, pouvant travailler sur ses plantations que lorsque le DNR de Fairbanks reçoit des stagiaires. Un super gars, un peu radoteur (il doit avoir entre 75 et 80 ans... impossible de lui faire dire son age !), mais une mine d'info sur l'Alaska et les arbres.


Dur de mesurer (surtout de trouver) des plants dans 40 cm de neige !


Bon, ça c'était le pire site, sur les autres on n'avait pas de neige. Sur les autres, le seul problème était de trouver les drapeaux montrant l'emplacement des arbres sous des tas de calamagrostis morts, entre les devil clubs (plantes avec des piquants de 2 cm) et les piles de bois morts. Un vrai parcours de santé !

Par Laure
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Jeudi 22 mai 2008
On a eu l'opportunité d'assister à un feu contrôlé ("prescrit") visant à recréer l'habitat des élans et, surtout, des perdrix (ruffed grouse).
Ce feu était entièrement financé par l'association "Ruffed Grouse Society", association de chasse. Il a servi de formation pratique aux sapeurs forestiers (pas un seul pompier de ville sur les lieux) vu que la saison des feux n'a pas vraiment commencée. Ce feu était sur une vingtaine d'acres, dans un peuplement presque pur de peuplier.

Le principe est de faire un feu suffisament chaud pour tuer rapidement les peupliers tout en ne brûlant pas toute la couche de matière organique du sol. Pour ça, il y a très peu de jours dans l'année : il faut que le temps soit chaud (60ºF) et le sol un peu sec en surface mais humide dès le premier cm.

Quand je dis opportunité, j'aurais du dire grande chance : pour pouvoir être sur les lieux d'un tel feu, il faut avoir suivi les 36h de premières formations de sécurité (c'est la loi...). Enfin, le big boss, Marc, nous a emmené avec lui, après nous avoir équipé d'habits non-inflammable (en Nomex). Bon, on a clairement servi à rien, mais c'était impressionant (ah si, on a trimballé 20L d'eau chacun... sans aucune prétention de participer à leur boulot...).

Marc et moi, sur le quad (où on est monté à 4)






Là, c'est moi devant un épicéa noir (bientôt) en feu.
Pour ma défense, c'est Marc qui a voulu prendre plein de photos pour que nous ayons des souvenirs !

j'ai l'air d'une dinde là-dedans !












Enfin, la photo devant l'hélicoptère de secours. Qui n'a servi à rien (tant mieux) puisque les responsables du feu ont vraiment bien géré leur feu, pas une flamme n'a brûlé en dehors de la zone qu'ils avaient délimitée la veille par une petite bande sans végétation (1à 2 m).

Chapeau des gars ! C'est fou de voir qu'on peut arriver à contrôler un feu si on prend bien en compte tous les paramètres !

C'est sûr qu'ils ne feront pas ça en plein été.

Après ce feu, la plupart des Peupliers sont morts. De nouveaux plants de peuplier vont donc pousser depuis les racines, intactes, cet été.
Normalement, dès septembre, on aura des pousses de 1m, parfaites pour cacher les perdrix et nourrir les élans.
Par Laure
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Samedi 31 mai 2008

Prise en flag' par John en train de roupiller pendant la pause repas d'une journée intense de mesure de pins...


Les grosses godasses, ce sont les bunny boots. J'ai qu'une guêtre vu que l'autre la fermeture éclair était cassée (mais réparée à la MacGyver depuis).

Les herbes, se sont des Calamagrostis et ils peuvent atteindre  plus de 2 m de haut. c'est dans ce m****** d'herbes sèches et d'arbres abattus qu'ils ont planté les arbres...
Résultat : plus de 50 % des plants sont morts. Étonnant, non ?!


En tout cas, c'ètait un matelas très confortable, une fois qu'on fait attention à pas s'allonger sur des épines !
Par Laure
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Dimanche 8 juin 2008
On est en phase d'inventaire forestier : 10 parcelles par peuplement, 5 mesurées (hauteur/diamètre/qualité/régénération), 5 juste estimée au relascope.
Le truc, c'est que ces peuplements sont inaccessibles par la route, donc on y a été largué en hélicoptère !

Voici un aperçu d'un vol au dessus de la Chena Hot Spring Area.



C'est génial de voler !
Prochain boulot : pilote d'hélicoptère ! Et comme ils nous disent : "et en plus, on est payé pour ça !"

Au cours de ces inventaires, on a vu 3 porc-épics, dont 2 jeunes, tout noirs et l'air tout doux. Et un moose vu du ciel.

La semaine prochaine, rebelote, mais cette fois, en plus, on campe près de Delta, et tous les jours l'hélico viendra nous prendre au camping pour nous larguer en forêt.

Elle est pas belle la vie ?
Par Laure
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Samedi 14 juin 2008

Ouf, notre semaine de terrain intensif est finie ! Enfin, pas un ouf "parce que c'était chiant", mais plutôt un ouf  "travail bien fait" ;-).

Au programme, levé 7h, départ 8h pour être récupérés par notre super pilote d'hélico, Chris


Petit mot sur Chris : Suisse d'origine, il a atterri en Alaska après avoir bossé au Canada, à Los Angeles (où il a tranbahuté Clint Eastwood entre autres !), et peut-être ailleurs. Double nationalité Suisse-Américain, avec un but : acquérir la nationalité canadienne et avoir une cabane au Canada.

Un gars bien sympa, et un super pilote d'hélico qui pouvait se poser (presque) n'importe où. Quand il y avait trop de buissons qui pouvaient endommager les hélices, il nous demandait d'ouvrir la porte de l'hélico et de nous pencher (en vol, donc !) pour "check the tail" ! 



        Puis, une fois en forêt, (plus ou moins) petite rando pour trouver la parcelle à inventorier à l'aide d'un gps (quand on avait des satellites, bien sûr...). On a fait pas mal de rando-sanglier, vous savez, quand il faut se frayer un chemin dans des buissons ou entre des mini-épicéas branchus. Le tout bien souvent à flanc de montagne. Bref, un vrai parcours de santé !



Ensuite, on prenait 10 points dans la parcelle et on faisait les mesures. À la fin, j'étais super rodée avec les codes à utiliser pour estimer les états des arbres. Du genre, pour la régénération : "là, il y a 2 nº375 de diamètre 3 et de hauteur 4 de qualité 3 et 1 nº095 diam 0, hauteur 4, qualité 2. le recouvrement du sol, c'est du 9-9". Ça prend un peu de temps au début, mais après ça roule comme sur des roulettes !

Les essences, c'était 4 choses : peuplier (Aspen), bouleau, épicéa noir et blanc. Pas très varié...


Au cours de cette semaine, on a vu des faucons, des lièvres et des écureuils (bien sûr...), des tonnes d'élans, une grosse chouette, et des jolis canards (Pacific Loon). Ah oui, et j'allais oublier : des moustiques... omniprésents partout, vive l'antimoustique !



            Puis, après 2 ou 3 parcelles suivant leur taille et le temps, retour au campement, à Quartz Lake State Recreation Area. Comme son nom l'indique, il y avait un lac (immense) avec une eau d'une température entre 18 et 20ºC. Le mercredi, je me suis fait 1h30 de nage. J'ai nagé à 3m du pacific Loon et de grèbes qui me regardaient d'un air de dire " c'est quoi cette chose dans l'eau ?" mais ils n'avaient pas peur, donc j'ai pu les voir de vraiment près. Et le bouquet : j'étais en train de nager quand j'ai vu un gros truc nager un peu plus loin... un élan ! Cet élan était un peu bizarre et s'est fait 3 aller-retour dans le lac... J'ai nagé avec un élan ! Super journée ce mercredi !


Fin de la semaine le vendredi à 16h, puis retour sur Fairbanks pour se préparer pour le dimanche de pêche qui nous attend avec Marc.

Par Laure
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Jeudi 10 juillet 2008
             Quel titre, n'est-ce pas ? UAF, c'est University of Alaska, Fairbanks. Et FIASKA, je me souviens plus très bien du sens exact, mais c'est un programme de recherche de l'UAF en partenariat avec les forestiers nationaux et fédéraux sur la croissance de la végétation en Alaska.

              Après avoir rencontré le professeur chargé de FIASKA (est-ce qu'ils savent que ça fait penser à un Fiasco ce nom ???) à Talkeetna cet avril, nous avons participé à une semaine de mesures avec lui et son équipe.On était 6 en tout, le prof et 3 jeunes employés par l'UAF (et nous). 2 équipes de 3.


Notre campement : ma tente, c´est la toute petite bleue. Juste la place pour moi et mon sac !

           Pendant 8 jours, nous sommes allés mesurer des arbres, un par un, hauteur + diamètre + qualité de l'arbre + régénération + végétation présente + type de sol. On permuttait les missions à chaque nouveau plot ce qui permettait de ne pas s'ennuyer. Un mesurait les diamètre, l'autre les hauteurs et le troisième entrait les données dans un ordi de terrain. Et on changeait les équipes de temps en temps, ce qui était bien aussi. 

            Il y avait 11 sites, 3 plots dans chaque site, et entre 30 et 600 arbres par plot... C'est un peu long quand il y a bcp d'arbre, parce qu'on a l'impression de ne pas avancer. Tu fais 2 pas : "oh, un nouvel arbre ! arbre nº (regarde son étiquette), diamètre...." puis, tu tiens la cible pour que celui qui mesure les hauteurs au laser puisse repérer l'arbre. Passer une journée entière en marchant de long en large dans un carré de forêt de 22m x 22m, c'est long...

         On a presque toujours eu un soleil magnifique, avec des moustiques partout, dans un cadre superbe : le Klutina Trail (à côté de la Klutina River, une rivière turquoise pleine de saumons) et la Old Edgerton Highway, où on a pu voir 3-4 mooses avec en arrière-plan les gigantesques volcans enneigés de la chaîne de Wrangell and St Ellias.


 

La cuisine au Klutina Trail

Les eaux glaciales de la Kultina River.

Je m'y suis baignée : l'une des plus froides rivières où je me sois jamais baignée. Mais après 1 jour brûlant de terrain, ça fait du bien !

Une ambiance conviviale, des feux de bois, youkaidi youkaida, des repas originaux et très bons, les toilettes dans la nature... Bref, la vraie vie !

 

Par Laure
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Lundi 21 juillet 2008

... on va encore partir pour une semaine de terrain. Inventaires forestiers au programme, cette fois complètement en solo (ie par équipe de 1 sur le terrain), dans une autre région innoccupée où on n'ira pas en hélico, mais en bateau ! Ce sera sur les bords de la Kantishna River, à l'ouest de Fairbanks (photo), au coeur d'une réserve naturelle.


Le seul moyen de transport qui me manquera au cours de cette césure, ce sera le jet-ski !

Pendant cette semaine, des articles seront publiés via une ruse d'over-blog : la publication différée !

Mais sinon, pas de nouvelles fraîches pour un moment.

          De toutes façons, plus que deux semaines de stage. Le 4 août, retour en France (bouhouhou). Je crois qu'il ne me manque plus qu'une chose à faire : voir un ours noir (je crois que vous finirez par le savoir, à force...)

Par Laure
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Dimanche 3 août 2008
Petit flashback pour raconter en qq mots nos inventaires forestiers en bateau.

Nous étions sur la Kantishna, Tanana et Tovolana rivers. Pas très très fréquentées, on n'a rencontré qu'une fois en 7 jours un autre bateau.

         Le principe cette fois était d'inventorier des parcelles proches de la rivière. Enfin, proches, ça dépend : quand il y a parfois entre .8 et 1.5 miles à marcher dans les ronces, la mousse, les marécages et les moustiques, ça prend du temps. Parfois, on mettait plus de temps à marcher à la parcelle qu'à y faire notre boulot !


Le bateau, qui devait consommer 16 gallons de l'heure... à presque 5$ le gallon, l'État a de l'argent !






Et voici les supers conducteurs : Doug à droite et Paul à gauche













             Sinon, par rapport au boulot où on prenait l'hélico, pas trop de différence : 10 placettes, mesures des arbres, estimation de la régénération...Et cette fois on bossait surtout tout seul. Ayayay, tout seul dans ce pays plein d'ours ! pas de bile, de toute façon sur le terrain on n'a rien vu en dehors de piafs (faucons, aigles, perdrix). Du coup on a été assez productifs.



Aigle à tête blanche











                          Ces zones ne sont pas très pentues, mais sont remplies de marécages. C'est simple, j'avais les pieds trempés tous les soirs. Mais qui dit zone humide dit baies !!! ça y est, je crois avoir mangé de la plupart des baies sauvages de la zone : groseilles, myrtilles, framboises, bearberries (mangées par les ours), salmonberries (mangée par les saumons ??), cranberries (2 espèces), nagoonberries, et je crois que c'est tout.






       
            Les paysages étaient super beaux, et à part pour les 2 derniers jours qui étaient le début de la crue qu'ils subissent depuis une semaine...  il y avait partout les troncs d'arbres qui descendaient la rivière.


On a eu surtout du beau temps, ce qui est plus agréable quand on campe, même si parfois :

Camping sous la pluie...

Et hop ! voyage sur le "pont" du bateau quand il faisait beau : la classe ;-)

Petit mot sur la crue :
en ville, il y a des ponts qui touchent presque l'eau ! impressionnant de voir juste 1 m ou 2 entre le pont et la rivière. Certains gens sont déjà innondés. Mais normalement ils vont enfin se décider à ouvrir un canal appellé "flood control" (en gros, censé contrôler les innondations)... Pas rapides, les gens.
Par Laure
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