Si vraiment vous êtes nombreux à être TRÈS perturbés, je rechangerai tout ça.
Mais bon, je suis sûre que tout le monde est adaptable et pourra continuer à suivre mes aventures à Alaska land !
une petite spruce grouse pour la route !
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une petite spruce grouse pour la route !
Donc voila, vous vous dites sûrement qu’on s’est crashé qq part, au dessus de l’Atlantique, mais non !
Même si on n’a pas donné de nos nouvelles à tous,
Même si on n’a pas réagit aux 25 mails sur le grand débat du moment « FIF vs AgroParisTech, la mort du forestier ? »
Même si ça fait une semaine qu’on est là et que c la première fois qu’on écrit sur le blog,
ON Y EST !!!!!
Voici où on est, à Fairbanks, ville d’Alaska où Nancy a commencé une colonisation lente mais progressive. Entre les stagiaires ENSAIA et FIF, les profs de ENSG mariés ici, la Lorraine s’installe ici ! Et elle a déjà amené le froid…
Vol pénard (sans histoire, même pas un arrêt de 30 s en douane, avec juste un passage Chicago – Anchorage – Fairbanks au lieu de Chicago - Seattle – Fairbanks à cause d’un retard à Paris).
Et à l'arrivée, à l'aéroport
de Fairbanks, complètement défractés...
La Terre vue du ciel... Canada et Groenland
dans l'avion. C'est long...
Ah oui, Louis et moi avons 2 blogs, donc des trucs seront en double, surtout les images, donc hésitez pas à surfer entre les 2 (le lien vers le site de Louisssss est dans la liste ci-contre).
Surtout si vous voulez des photos de localisation, j'en n'ai pas encore mis.
Pour l’instant, on n’a pas perdu un seul moment. On s'installe et on visite (et on bosse sur SIG).
Ensuite, on a pu assister coup sur coup à 2 concours internationaux : celui des sculptures sur glace, et une
course de traîneau où chacun peut s’inscrire et utiliser le nombre de chiens qu’il veut. Ce sont de très grands évènements dans la région et dans les milieux ciblés. Tout le monde vient voir, en
famille.
Voici nos plus proches voisins :
pas très
peureux...
Course sur 3 jours, de 20 miles les premiers jours, puis 30 le dernier. Les coureurs viennent du Canada,
des USA (j'ai pas trop regardé, les chiens impatients de partir étaient plus intéressants).
Départ un par un, à toute vitesse. La course était de 30 miles. Une quinzaine de participants.
A l’arrivée, les chiens étaient lessivés et ça allait nettement moins vite !
Pour faire passer le temps, l’Association des Trappeurs d’Alaska ont organisé une vente aux enchères de fourrures de bêtes.
Des bêtes magnifiques (enfin, mortes quand même…), parfois dérangeantes. Des renards polaires, des gloutons, des loups, des castors, des lynx, des renards roux, des martes, des bois d’élan. Avec
un maître priseur qui chantait plus qu’il ne disait les prix. Et les prix étaient vraiment bas, pour des peaux tannées (la mise à prix est pas chère, après ça dépend de la
demande).
Castor : de 20 à 50 $
Lynx : 100 $
Loup : à partir de 350 $
Renard roux : 35 à 70 $ et polaire : 80 à 150 $
Bcp d’acheteurs de tous types : trappeurs, taxidermistes, familles, une Japonaise…
Et c’est au retour de ca que, cherchant un magasin de fourniture ménagère on est allé passer un moment de détente sur un fauteuil massant…
J'ai vu bcp de natifs d’Alaska lors de la course de chien (type Eskimo… quelques uns ressemblent vachement à des péruviens (à Nestor surtout) ). Ce sont les seuls dans les rues qui nous ont demandé si on s’amusait bien, puis ils se sont présentés, nous ont demandé d’oú on venait. Bref, ils ont l’air très ouverts, et très accueillants.
Pour les Américains pure souche, ceux du boulot sont très sympa, ils nous indiquent les trucs à visiter, nous aident dès qu’on en a besoin en laissant immédiatement tomber ce qu’ils sont en train de faire.
Les forestiers de terrain sont plus vivants, du genre Laurel et Hardy... Super sympas, nous ont invite a un petit dej' pour gouter les pancakes et une saucisse au cerf. tres bon.
Ce WE on a vu un exemple caricatural de l’Américain anti-Français à cause de la guerre en Iraq, contre la protection de l’environnement : « le changement climatique, c’est que des conneries. Pas besoin de protéger l’environnement, et puis d’abord c’est pas nous qui polluons le plus, c’est les chinois vu qu’ils ont trop d’enfants… ».
Bref, la brute de base, avec son énorme pick-up qu’il utilise pour aller chercher le pain de l’autre côté de la rue… J’exagère peut-être, mais j’ai rarement vu qq’un d’aussi borné !
Ce WE, enfin le WE dernier, direction les sources chaudes. À à peine 1h30 de Fairbanks, il y a des sources bouillantes qui ont été canalisées pour attirer le touriste. Enfin, c'est très agréable de se baigner à l'extérieur quand il fait -10ºC !
Ce jour-là, selon les habitués, l'eau était vraiment très chaude. A la limite du supportable même. C'est là que tu ressents le martyr que souffre le pauvre homard dans sa casserole...
Enfin, arrivés à 15h, on est allé se baigner 2h. Puis, après 3 h de rando dans les environs, nous sommes allés manger, boire un coup dans un verre de glace, puis hop! de retour aux sources pour se rechauffer et y attendre les aurores boréales. Chena hot springs est selon les scientifiques, dans un "aurora oval" qui fait qu'on peut y voir des aurores 210 jours par an ou qqch comme ça.
Bon, on a attendu jusqu'à minuit, mais le ciel était couvert donc rien n'était visible à part la lune. On est donc rentrés sur Fairbanks, complétement bouillis et zen.
Mes cheveux, complétement gelés...
Là c'est sûr, tu attends pas 10 ans dehors en maillot mouillé, avec ta serviette raide comme du carton.
En fait, on avait mieux vu l'aurore dans la ville la veille, à 5 minutes de la cabine : (et la photo rend mieux que ce qu'on a vraiment vu, les couleurs sortent plus vives).
Depuis le début du stage, presque toutes nos journées ont été passées dans les bureaux surchauffés du DOF.
Au menu : SIG, SIG et encore SIG. Bon moyen de se familiariser avec Arcgis, mais bon, rectifier des données déjà rentrées et faire 120 cartes, c'est pas trop intéressant.
On a quand même eu droit à 2 jours de terrain, bien sûr les 2 jours les plus froids depuis notre arrivée (-20ºC environ). Heureusement qu'on m'a prêté des bunny shoes, genre de grosses godasses imperméables de l'armée. Ça pèse une tonne, mais c imperméable et ça garde le pied au chaud. en prime une salopette-doudoune. Avec ça, et les habits Akammak, j'ai pas eu froid.
1er jour: apprentissage du maniement des motoneiges !!! Cours donnés par Gary et Dave, nos fameux Laurel et Hardy locaux. Avec en prime une énorme ressemblance de Gary à Jabiol, surtout au niveau des moustaches...(souvenez-vous une sortie pédo autour de Nancy, quand il faaisait très froid...beurk, oui, c'est ça.)
Les "snowmachines", c'est vraiment génial, hyper facile (sauf le démarrage, même si je tiens à signaler qu'un seul forestier, Dave, était capable de démarrer la mienne). Ça va assez vite (jusqu'à 30 miles/h) et ça permet d'aller partout. Ça grimpe des pentes raides, parfois ça fait des vols planés après des bosses.
Donc avec les snowmachines, on est allé visiter une future coupe : voir où passera la route, etc... On n'a pas vu d'élan, mais des traces de loups (crottes à base de lapin et empreintes) ! Retour au DOF vers 15h.
2eme jour : Première leçon du forestier, selon Doug (mon maître de stage). En fait, il s'agissait de parcourir une future parcelle de vente en marquant les frontières à la peinture bleue. Peinture projetée via des pistolets... Donc retour sur Fairbanks tout bleu au bout de 2h30 ! A côté de cette parcelle, il y avait une place d'abattage. Comme en France, ils utilisent des machines pour tomber les Epicéas blancs (à scie circulaire, c'est assez étrange). Ils laissent les bouleaux sur pieds (sans valeur) et dégomment tout épicéa de plus de 20 cm de diamètre je crois. Ensuite, ils laissent les têtes sur place et les gens viennent les chercher pour 5$/cord pour bois de feu.
J'ai seulement vu des écureuils, des pics (un noir et rouge, un gris clair), et des traces d'élan et de campagnols.
Grrr... A quand les VRAIS élans ?? J'avais plus de chance que ça au Pérou ..! Enfin, avec cette césure j'aurais vraiment fait des choses que j'ai jms faites en France : mule, moto, motoneige, cheval... A quand l'hélicoptère ?
il y a pleins de traces d'élans un peu partout (même en ville), c cool. Et leurs bois sont superbes. Là, c à Chena Hot Spring.
Voici le verre de glace dont je vous ai parlé dans l'article sur Chena Hot Springs...
Et ben il faut des gants pour y boire, et tu perds pas ton temps à siroter ta boisson... Tu bois vite fait avant qu'elle ne gèle !
Dans cette station, ils ont construit un hôtel de glace où, moyennant un nombre astronomique de $, tu peux y passer qq nuits (ben voyons, comme si je voulais passer la nuit dans mon frigo).
En plus, une église de glace accueuille des mariages, des messes etc. Ça a l'air très joli, mais déjà que quand c'est chauffé ça peut paraître long, alors là...
Voyez la technique "pâte feuilleté" pour supporter le froid : une couche, une autre, encore une autre, etc... 2 paires de gants, un bandeau et un bonnet + la capuche, l'écharpe, 2 paires de chaussettes............ Et avec ça, faut pas s'arrêter de marcher ou de bouger, sinon ça sert à rien !
Non, mais pas de bile, le froid est très supportable. comme il y a peu de vent, tout va bien!
Bon, je crois qu'il est temps de raconter 2-3 trucs sur la forêt alaskienne.
Il s'agit essentiellement de forêt boréale. Les principales essences sont l'Épicéa noir (Black spruce), l'Épicéa blanc (White Spruce), le Bouleau (Birch), le Peuplier (Aspen), qq Saules (Willow)
et des Mélèzes de tps en tps (Larch - Tamarack). Le taux de boisement est impressionant, pas besoin d'aller loin de la ville pour voir des paysages entièrement forestiers, avec une mosaïque de
couleur :
marron, noir, diverses nuances de vert, rouge, et blanc... Immense
A partir du centre de l'Alaska, le sol peut contenir du permafrost. Ce sol gelé empêche les racines de s'insérer profondément et reste froid (étonnant :-) ). En même temps, ce sol maintient l'eau
proche de la surface, ce qui n'est pas négligeable ici, vu que le climat est assez sec (environ 500 mm de pluie par an). Plus on va au nord, plus on est dans de la toundra, végétation basse,
voire rase, idéale pour les caribous.
Bref, sur ces stations à permafrost se trouvent le plus souvent des épicéas noirs. Les arbres poussent très peu, on a vu des arbres de plus de 100 ans faisant seulement 10 cm de
diamètre... Ces peuplements ne sont donc pas exploités (de toute façon, il y a rien à exploiter)... A la limite ça pourrait servir pour faire du papier, mais il n'y a pas d'industrie papetière en
Alaska...
Sur les meilleures stations (celles avec une bonne épaisseur de limon, proches d'une rivière) sont les peuplements exploités. Ils sont tjrs constitués de white spruce et bouleau, et seuls
les épicéas sont récoltés. Les plus beaux arbres vus étaient dans une forêt naturelle, ie jms exploitée auparavant. Des arbres droits de 90 cm de circonférence pour 25 m de haut... De superbes
arbres ! Toutes les récoltes sont mécanisées, avec à peu près les mêmes machines qu'en France (sauf que l'abatteuse ne billone pas les bois, les arbres abattus sont trainés par des skidders
sur une place de dépôt et billonés avant d'être chargés sur des camions).
le chargement des bois
Bref, la forêt ici n'a pas une énorme diversité spécifique, mais c normal. Et ici les feux sont vraiment un processus fondamental de la dynamique forestière : ils ouvrent les peuplements,
permettant ainsi une régénération naturelle avec la succession d'espèces pionières jusqu'au peuplement "final" d'épicéas et bouleaux.
En tout cas, s'il n'y a pas une grande diversité floristique, ça se rattrape sur la faune ! Des chouettes lapones, des faucons, des pics de toutes les couleurs, des lynx, loups, élans, caribous,
moutons, perdrix, lièvres, ...
Promis, ce WE j'essaye de vous mettre des vidéos sur le blog ! (notament la chouette lapone et l'élan !)
J'ai pas mal de retard pour écrire des articles... Là, j'ai une petite hausse de ma motivation, donc voici 2-3 trucs sur les deux dernières semaines.
Nos missions en forêt étaient de 2 types : repérage des limites d'une coupe (peinture et GPS) et inventaire (seulement inventaire en plein pour l'instant).
moins tous les 7m sur les arbres en bordure de parcelle. A chaque coin de parcelle, j'aggrafe un feuille d'alu avec le nom de la parcelle sur un arbre, arbre qui reçoit 3 points
de peinture. A la fin, on est tout bleu. Pour ça, on a de vieux vêtements qui craignent rien :
Pour accéder à certaines parcelles, il faut traverser des rivières gelées, marcher ou encore prendre la moto neige ! Génial comme engin, mais qu'est-ce que ça pollue ! entre le bruit et
l'essence...
Sur la photo, Gary et moi essayant de faire démarrer la moto... qui en fait était éteinte... (clé tournée)... Après avoir changé la bougie, c'est Dave qui s'est rendu compte du problème...
GPS : parcours des limites avec un super GPS Trimble new age, sans 50 batteries de 3kg chacune, la nouvelle batterie litium dure environ 8-10h... Petite info : coute environ 10 000 $.
Inventaire : inventaire en plein d'une parcelle de 7.2 acres (environ 2 ha), avec comptage du nombre d'arbres au dessus de 9 pousses de diamètre et mesure d'un arbre tous les 10 arbres (hauteur
et diamètre). Le choix de l'arbre à mesurer se fait en considérant la parcelle comme x séries de 10 arbres. Pour chaque série, on a un numéro et ce numéro est celui de l'arbre à mesurer. Ce
numéro est choisi au hasard par excel je crois (qqch comme la fonction rand) et recopié sur le carnet de terrain. Bref, en tout, il y avait 658 arbres... Ça nous a pris 2 jours vu que la parcelle
était à 1h30 de route du bureau. Et ça nous a permis de voir la chouette et l'élan !
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